Star Wars Invention, le Site dédié aux Fan Fictions
Prologue : Dans l'espace
Depuis combien de temps était-il là à flotter dans le vide quand il reprit connaissance ? L’explosion l’avait projeté en dehors de la soute alors qu’il se préparait à monter dans son YT-1100. Heureusement qu’il avait enfilé sa combinaison lorsque les troupes de l’Empire avaient débarqué sur leur transport !
Ils n’avaient eu aucune chance en face du destroyer stellaire qui avait fondu sur eux, surgissant de l’hyperespace avec une précision toute diabolique. Comment l’Empire avait-il pu savoir où les trouver précisément à ce moment-là ? Sa mission accomplie, les turbolasers du destroyer n’avaient fait qu’une bouchée du transport qui avait explosé en milliers de fragments. C’est à ce moment-là qu’Hiivsha avait perdu connaissance. Et maintenant, il errait au milieu des débris et des corps mutilés dans le silence de l’espace. Combien de temps lui restait-il à vivre ?
Son cœur se serra à la pensée qu’il n’avait pu sauver la jeune Jedi blonde qu’il courtisait depuis qu’il avait fait sa connaissance sur Balmorra. Qu’était-elle devenue ? Il avait tenté de la retrouver pendant l’attaque, mais les soldats de l’Empire étaient arrivés les premiers. Sa cabine était vide et les traces de lutte prouvaient qu’elle n’en était pas sortie de son plein gré. Il savait la mission de la jeune fille importante, mais pas au point de soupçonner que l’empire leur donnerait la chasse sur le chemin qui les ramenait à Coruscant ! Elle n’avait pas voulu lui en confier la teneur malgré la complicité et, osait-il le penser, l’amour qui les unissait depuis peu et lui n’avait pas insisté pour le savoir ne voulant pas la mettre dans l’embarras. Son instinct de contrebandier lui avait soufflé de faire la route entre Alderaan et Coruscant par leurs propres moyens. Mais Isil devait absolument rencontrer quelqu’un sur le transport qui avait été attaqué.

Qu’était-elle devenue ? Était-elle à bord du destroyer quand celui-ci avait annihilé le transport et avec lui Choupy III, son vaisseau ? Au milieu du désespoir de ce nulle part qui l’ensevelissait par son immensité, il songea que s’il en sortait vivant, son prochain vaisseau serait un Choupy IV. S’en sortir vivant ? Il le fallait s’il voulait partir à la recherche de la jeune fille. Mais comment se sortir de ce champ de débris moitié cimetière moitié décharge spatiale ?


Combien de temps s’était-il écoulé ? Son moniteur de poignet ne fonctionnait plus. Quelle quantité d’oxygène avait-il encore en réserve ? Il ferma les yeux. La fatigue s’emparait de lui. Était-ce la fatigue ou l’appauvrissement du mélange d’air qui l’affaiblissait ainsi ?
Isil !
Son regard bleu et son visage rieur dansaient devant ses yeux. Il lui semblait entendre sa voix l’appeler par son nom.
— Hiivsha ! Viens me chercher !

Le souvenir de leur première rencontre s’imposa à lui. « J’ai besoin de votre vaisseau » avait-elle dit d’une voix mal assurée appuyée toutefois par un blaster menaçant qui invitait à la réflexion…
Chapitre 1 - Duel chez un Sénateur
— Ne te laisse pas envahir par tes émotions, elles ne mènent que vers le côté obscur de la Force… va et remplis ta mission… ce sera ton ultime épreuve pour… devenir… Je… di… murmura Maître Beno avant de rendre son dernier soupir.

Isil ferma les paupières, laissant une larme s’écouler lentement sur le velours de sa joue. Maître Beno Mahr était parti rejoindre l’infini de la Force. Ce qu’il venait de lui apprendre la bouleversait moins que son départ de ce monde et pourtant, s’il avait vu juste, la République était de nouveau en danger et la guerre une nouvelle fois proche. Et maintenant elle se sentait seule, écrasée par le poids de la révélation qu’elle venait de recevoir. Sa première mission de Jedi !
Assise sur le lit, tout contre son ancien Maître, elle s’efforçait de réfléchir et d’analyser la situation à travers ce qu’il venait de lui murmurer longuement. Machinalement, elle prit le sabre laser qu’elle avait construit pour finaliser son apprentissage et l’alluma. Le rayon vert jaillit dans un crépitement électrique. La jeune Jedi se destinait à une carrière consulaire, plus attirée par la diplomatie et la négociation que par les combats.
[center]*
* *[/center]
Maître Beno avait disparu ces derniers jours, de façon inhabituelle, sans lui donner de nouvelles. Ils avaient quitté Tython pour venir sur Coruscant pour une affaire de la plus haute importance dont son Maître ne lui avait soufflé mot. Isil avait passé ses journées au Sénat pour écouter les interminables discussions et les joutes verbales auxquelles se livraient les sénateurs de la République. Depuis le Traité de Coruscant la situation était tendue entre ceux qui l’avaient accepté et ceux qui le rejetaient. Ces derniers voulaient en finir une fois pour toute avec l’Empire Sith, quel que soit le prix à payer.

Puis Maître Beno était réapparu ce soir.
Elle sentit sa présence avant que l’ascenseur n’arrive dans la pièce. Un sourire éclaira son visage.
— Maître ! s’exclama-t-elle sans se retourner, les yeux plongés dans un traité de politique galactique. Je suis bien aise que vous daigniez de nouveau honorer de votre présence votre malheureuse Padawan qui se demandait où vous étiez passé !
— Mon Padawan a grandi, répondit Beno Mahr, il ne va bientôt plus avoir besoin de son Maître et puis, j’ai eu beaucoup à faire ces derniers jours. Quelque chose de grave se prépare et nous devons l’empêcher. Mais pour l’instant, ce qu’il me faut, ce sont des preuves tangibles !

Le sourire disparu du visage d’Isil tandis qu’elle se retourna, alarmée par le ton sombre de son Maître.
— Des preuves de quoi ? Encore des énigmes ! Auriez-vous la bonté de me mettre au courant ? Depuis que nous avons quitté Tython, vous ne m’avez presque pas adressé la parole !
— Le temps n’est pas encore venu pour toi de tout savoir. Moins tu en sais, moins ton existence sera en danger. Mais le moment venu, je te dirai tout.

Isil fit une moue boudeuse. Beno Mahr reprit avec une pointe de reproche.
— L’impatience ne mène à rien de bon. Tu dois apprendre à être patiente, à faire le vide en toi, à ne rien précipiter. L’ordre des choses nécessite que chaque événement arrive en son temps. Ni avant, ni après. À toi de les sentir venir pour mieux anticiper tes actes.
— Je sais tout cela Maître Beno, répondit Isil légèrement agacée.
— Dans ce cas, mets-le en pratique ! la gourmanda-t-il sèchement.
— Oui, Maître, murmura la jeune fille d’un ton penaud.

Le Jedi s’assit à côté de son apprentie et rentra ses mains dans les manches de son vêtement. Il aurait bien voulu la réconforter en la prenant dans ses bras, mais il s’était toujours abstenu de laisser parler ses sentiments. Il l'avait sauvée après l'attaque meurtrière de la résidence familiale de Corellia dans laquelle son père menait d'âpres négociations politiques, et recueillie, à l’âge de douze ans. Il avait remplacé son père et l'avait cachée de ceux qui avaient tué ses parents et laissée pour morte, en lui donnant une autre identité pour éliminer toute future menace. Contre l’avis du Conseil des Jedi, il en avait fait son apprentie car, malgré son âge avancé, sa maladresse et son apparente vulnérabilité, il sentait en elle des possibilités prometteuses. Finalement, le Conseil avait accepté cette Padawan, connaissant l’indépendance de caractère dont Beno Mahr avait toujours fait preuve, ce qui lui avait coûté une place au Conseil.
Isil avait fermé les yeux pour se ressourcer dans la Force présente tout autour d’elle. Petit à petit une paix intérieure la gagna. Soudain, une silhouette noire se dressa dans son esprit, toute encapuchonnée de noir. Un visage maculé de sang, garni de tatouages, se dessina fugitivement et deux yeux inquiétants la fixèrent un instant avant que la vision ne disparaisse. Elle sursauta, rouvrit les yeux et regarda son Maître.
— Oui, fit-il simplement, j’ai également senti ce trouble dans la Force. Une présence maléfique est à l’œuvre quelque part, ici sur Coruscant.
— Qui est-ce ? s’enquit Isil d’une voix basse.
— Je ne sais pas, admit Beno Mahr, mais sa présence risque de bouleverser la donne d’une trame déjà bien compliquée.
— Encore une énigme, songea Isil en son for intérieur mais elle ne fit aucun commentaire.

Le Jedi se leva et marcha jusqu’à la grande baie vitrée qui dominait la ville planète. L’obscurité avait envahi le monde.
— Il est tard et la nuit nous a enveloppés de son ombre, observa-t-il. Prépare-toi, nous allons sortir.
— Où allons-nous, Maître ?
— Je vais aller là où je trouverai les preuves que je cherche.
— Je viens avec vous !
— Non, tu m’accompagnes, mais tu m’attendras dehors, avec le speeder, prête à partir en urgence.
— Mais Maître, là où vous allez, il y aura du danger, je le sens. Je suis prête à l’affronter !
— Je le sais Isil, mais il est parfois bon de ne pas s’exposer inutilement et puis, si je dois repartir précipitamment du lieu où nous nous rendons, mieux vaut que je puisse compter sur toi le moment voulu.

La jeune fille allait répondre une nouvelle fois, mais elle se rendit compte que cela ne servirait à rien de discuter les ordres de son Maître. Quand il avait parlé, il ne restait plus qu’à obéir.
— Je vais me préparer Maître, se contenta-t-elle de répondre la tête basse tout en regagnant sa chambre.
[center]*
* *[/center]
Le speeder s’arrêta dans l’ombre d’une grande corniche qui affleurait au sommet d’une des plus grandes tours de Coruscant. Dans l’ombre du gigantesque bâtiment, il était pratiquement invisible.
— Attends-moi ici, répéta Maître Mahr avec insistance sentant bien que son élève mourait d’envie de l’accompagner. Si tout va bien, je n’en aurais pas pour longtemps !
— Mais Maître Beno, tenta une dernière fois Isil, ce serait plus prudent d’y aller à deux ? Si l’appartement n’était pas vide ?
— Le sénateur Kaldor se rend ce soir à une inauguration officielle. Il ne sera pas là.
— Et s’il y a un système anti-intrusion ? s’obstina la jeune fille avec une moue.
Beno Mahr sortit de sa poche un petit appareil rectangulaire terminé par deux antennes. Deux minis paraboles saillaient sur ses côtés.
— Voici l’arme suprême, énonça-t-il avec un large sourire d’enfant découvrant un jouet. C’est un nommé Arno Saltiva qui me l’a fabriqué… sans doute l’un des pirates les plus doués de toute la galaxie… électronicien hors pair… je le soupçonne d’avoir des affinités avec la Force… il vit à Alderaa... Si un jour tu veux pirater un système, adresse-toi à lui !

Il appuya ses mots par un clin d’œil complice puis redevint grave. Il n’ajouta pas qu’il ne parvenait pas à sonder l’avenir en ce moment précis. Sans qu’il ne sache pourquoi, sa vision était brouillée, inexplicablement confuse, comme si quelque chose interférait dans la Force.

Sans plus ajouter mot, il prit son élan et bondit vers le haut dans un saut impressionnant pour atterrir sur une vaste terrasse garnie de plantes fleuries. En son milieu, une fontaine aux multiples bassins clapotait tranquillement dans un doux murmure rassérénant. Sans bruit, il avança jusqu’aux grandes portes vitrées et scruta l’obscurité de l’appartement désert. Dans un coin de la vaste pièce, une petite lumière clignotante signalait la présence d’un détecteur d’intrusion. Beno Mahr sortit le petit gadget de sa poche et le pointa vers le boîtier d’alarme. Il appuya sur un bouton de l’appareil et un fin rayon rouge jaillit aussitôt, qu’il pointa avec minutie vers sa cible. Les petites paraboles se mirent à tourner silencieusement et les antennes à vibrer. Quelques secondes s’écoulèrent. Au moment où le Jedi se demandait si l’invention de Saltiva fonctionnait, les lumières de l’alarme s’éteignirent. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres tandis qu’il rangeait le petit appareil dans une des poches de sa tunique. Restait le plus facile. Pénétrer dans la pièce. Il ferma les yeux et tendit la main en se concentrant sur le loquet intérieur de la baie vitrée. Celui-ci se mit en mouvement et tourna sur lui-même jusqu’à ce qu’un léger déclic se fasse entendre.


Écartant l’un des montants de la baie, Beno Mahr pénétra silencieusement dans l’appartement. Il savait, pour y être déjà venu, où se trouvait le coffre du sénateur. Son datapad devait normalement s’y trouver. Dans sa mémoire étaient enregistrés tous les plans du complot, la liste des conjurés et toutes les preuves dont il avait besoin pour confondre le puissant homme politique et ses complices. Il frémit en songeant qu’il s’en était fallu de quelques voix seulement lors de la dernière élection pour que l’infâme traître ne soit élu à la place de l’actuel Chancelier Suprême. Dans ces circonstances, la disparition de ce dernier, a fortiori de façon dramatique et violente, garantissait pratiquement au sénateur d’accéder à sa succession. Une fois élu, il aurait les mains libres pour accomplir ses visées. Détruire le Traité de Coruscant et relancer la guerre contre l’Empire quitte à sacrifier Alderaan qui s’était retirée de la République.

Le Chancelier Suprême avait une foi inébranlable dans son ami Kaldor et sans preuve, il ne pourrait pas le convaincre du complot. De même qu’Organa ne pourrait croire que son fidèle capitaine de la garde, Sazkaer, était l’âme du complot sur Alderaan ! De plus, les Jedi réfugiés sur Tython, n’avaient plus l’oreille du sénat et des politiques. Des preuves ! Il lui fallait des preuves !

Il s’arrêta au milieu d’un long couloir et se retourna. Il y avait eu dans la Force un frémissement qui ne lui disait rien de bon. Était-il possible que le sénateur soit déjà de retour ? Il continua son chemin et ouvrit la porte d’un grand bureau richement décoré. De lourdes tentures pourpres ornaient les hautes fenêtres tandis que d’épais tapis accentuaient l’impression de luxe à chaque pas. Le coffre se trouvait dans un recoin de la pièce. Au point où il se trouvait, il misait tout sur le fait qu’il avait vu juste. L’appartenance du sénateur Kaldor au Cercle Sombre était avérée et par conséquent, sa culpabilité se trouvait à ses yeux démontrée. Il ne pouvait plus reculer, mais s’il s’était trompé, les conséquences seraient lourdes pour lui.
Il sortit son sabre laser dont il pressa l’interrupteur. La lame verte jaillit dans un crépitement électrique. Il s’apprêtait à enfoncer la lame dans la serrure du coffre quand soudain, il se retourna. Devant lui, dans l’obscurité se trouvait une haute silhouette immobile, dissimulée dans une ample bure noire. Un mot vint à son esprit. Sith ! Que faisait un Sith dans le bureau du sénateur Kaldor ?

Une seconde plus tard, une lame rouge se dressait devant lui, puis, sortant d’une pièce adjacente, une seconde lame éclaira les lieux. Deux Sith ? Beno Mahr ne put cacher sa surprise. La perturbation dans la Force, l’impossibilité de distinguer l’avenir tout proche, c’était à la présence des Sith qu’il le devait ! Il était donc tombé dans un piège ? Cela voulait dire que le sénateur était au courant de son enquête !
— Vous n’êtes pas à votre place ici, Jedi ! prononça le premier Sith d’une voix grave et résonnante.
— Guère plus que vous, je l’admets bien volontiers, répondit calmement Maître Beno en observant attentivement les deux hommes.

Un Sith et son apprenti, il l’aurait juré !
— Pauvre fou prétentieux ! continua le Sith. Vous ne savez pas où vous avez mis les pieds ! Le Cercle Sombre est bien plus vaste que vous ne le pensez !

Beno Mahr s’efforça de maîtriser un nouvel étonnement. Se pouvait-il que le Sith fasse lui aussi partie du complot ? Pourquoi ? Quel intérêt commun pouvait unir des représentants de la République et des Sith ?
— Vous travaillez avec le sénateur Kaldor ? dit-il incrédule, pourquoi ?

Pour toute réponse le Sith se mit à rire.
— Le sénateur me sert bien, finit-il par laisser tomber, il aura sa juste récompense le moment venu !
— Mais qui êtes-vous ?

Le Sith leva les mains et rabattit la capuche qui dissimulait ses traits.
— Je suis le Seigneur Zal’Thir… Maître Beno Mahr l’indiscipliné !

Ainsi le Sith connaissait son nom. Décidément, il semblait au final que le Jedi avait une longueur de retard sur ses ennemis. Était-il possible qu’un Seigneur Sith fasse cause commune avec un sénateur aussi haut placé que Kaldor ? Dans ce cas, cela signifiait que la reprise de la guerre n’avait pas pour but de venir à bout de l’Empire, mais au contraire, d’achever la destruction de la République pour la soumettre à l’Empereur malgré la volonté de ce dernier d’avoir signé le Traité ! Y’avait-il donc des républicains pour penser que la paix passait par la soumission aux Sith ? Étaient-ils aveuglés par le Seigneur Sith ? Le pouvoir obscur de la Force paraîssait décidément sans limite ! La réalité dépassait de loin ce qu’il avait envisagé durant sa longue enquête sur les agissements de cet « ordre ». Ce qu’il avait pu être aveugle !
L’apprenti sur son flanc droit avait fait un pas en avant. Le Jedi se mit en garde. La bataille s’engageait. Beno Mahr para le premier assaut puis virevolta pour contrer celui de l’apprenti. Un saut en arrière le porta derrière l’élève du Sith. Les lames s’entrechoquèrent en crépitant, décrivant de larges cercles dans la pénombre de la pièce. Le Sith, gêné par son apprenti, avait visiblement décidé de lui laisser mener le combat. Coup après coup pourtant, le Jedi prenait l’avantage sur l’élève. Les tentatives de celui-ci d’utiliser des poussées de Force échouaient face à la maîtrise et l’expérience de son adversaire. L’apprenti tendit une main vers un fauteuil et le projeta à travers la pièce sur le Jedi qui l’esquiva d’un puissant saut périlleux de côté. À son tour, Beno Mahr lança une puissante poussée de Force qui expédia son ennemi qui resta allongé par terre à l’autre bout de la pièce. Le Sith prit le relais et engagea frénétiquement le combat. Ses coups étaient puissants. Le Jedi recula. Le bureau s’envola dans la pièce dans sa direction. Il n’eut que le temps de faire appel au bouclier de la Force pour encaisser le coup et se relever immédiatement que déjà le Sith était sur lui, redoublant de vitesse. Il para habilement chacun de ses coups dans le fracas électrique des sabres laser. Le Sith s’élança en virevoltant au-dessus de sa tête, sa lame fouettant l’air au-dessus de la tête du Jedi qui leva son sabre pour bloquer la frappe. Les combattants redoublèrent de coups. Le Sith frappa de taille mais Maître Beno le stoppa net et d’un puissant revers, envoya le sabre de son ennemi voler dans les airs. L’arme retomba à plusieurs mètres. Le Sith hésita et le Jedi pensa un instant qu’il avait gagné. Mais une vision fugitive venue du fond de la Force le fit tressaillir et, au moment où, dans son dos, l’apprenti allait lui asséner le coup fatal, il fit sur lui-même un tour complet le sabre laser tendu à bout de bras. Le Seigneur Sith poussa un grognement de rage lorsque la tête de son disciple roula à terre, détachée net de son corps.

Rageusement il tendit les deux mains vers son adversaire et des éclairs bleus jaillirent de ses doigts. Maître Beno n’eut que le temps de placer sa lame devant lui pour stopper les effluves et se concentra violemment pour les repousser vers celui qui les avait lancées. Le Sith poussa un autre cri, tendit la main et appela son sabre qui s’envola de nouveau à travers la pièce pour revenir entre ses doigts. La lame rouge se ralluma. La colère monta en lui et sa force n’en fut que décuplée. La rage se sentait à chacune de ses frappes, mais le Jedi rendait coup pour coup. Finalement, le Sith commença à faiblir. La partie parut gagnée. Ce n’était plus qu’une question de minutes, lorsque le sénateur Kaldor parut sur le seuil de la porte un blaster à la main, dans le dos de Maître Mahr. Avant que ce dernier ne sente sa présence, il avait tiré. L’impulsion frappa le Jedi à l’épaule. Déséquilibré il manqua sa dernière parade et reçut la lame rouge dans le ventre. Il tendit la main vers le Sith et dans un effort surhumain, il l’envoya contre la cloison. Il se savait mortellement blessé. Puisant dans la Force toutes les ressources qu’il pouvait, il sauta à travers la fenêtre en lançant une puissante poussée de la Force qui la fit voler en éclats tandis qu’il appelait mentalement Isil.

La jeune fille qui attendait, ressentit un grand bouleversement dans la Force et cria.
— Maître Beno !

Elle relança le moteur de son speeder. Puis elle reçut l’appel du Jedi.
— Isil !

Instinctivement elle lança le véhicule au moment où Beno Mahr plongeait dans le vide, un peu plus loin que la terrasse, sur le flan de la tour. Elle appuya sur l’accélérateur et fit plonger le speeder pour intercepter la course du corps qui chutait dans le vide. Le véhicule sursauta à l’impact et Isil mit les gaz en s’assurant que son Maître avait bien atterri sur les sièges arrière.

Le sénateur qui avait couru à la fenêtre fracassée s’emporta.
— Vous l’avez laissé s’enfuir !

Le Sith garda un instant le silence, humant l’air comme s’il cherchait une réponse. Puis il laissa tomber gravement.
— Il est mourant !

Kaldor s’impatienta.
— Qu’en savez-vous ? Il faut le retrouver et finir votre travail !

Zal’Thir se retourna vers lui et le regarda froidement.
— Il a un Padawan…
— Alors, tuez-le aussi !
— Trouvez le vaisseau de Maître Mahr et assurez-vous que si l’un d’eux quitte Coruscant, il ne pourra arriver nulle part. Je lance des hommes à leur recherche !

Le ton glacé avait refroidi la colère du sénateur qui passa sa main sur sa gorge et acquiesça.
— Oui, Seigneur Zal’Thir, je m’occupe de leur vaisseau.
Chapitre 2 - Mort d'un Maître
Elle l’avait transporté jusque sur le lit de l’appartement qu’ils occupaient au centre de Coruscant.
— Je vais chercher un médecin, supplia Isil au bord des pleurs.

Le souffle court, Maître Beno Mahr lui avait pris la main en murmurant.
— Inutile petite Padawan, mon temps ici est révolu. Sans moi maintenant, il va falloir que tu te débrouilles mais…

Il reprit sa respiration.
— Il te faudra de l’aide dans ta mission, tu ne dois pas rester seule… Il faut que je te mette… au courant de… certaines choses… prends…

Puis tendant la main vers un meuble.
— Cet enregistrement…

Il referma les yeux.
— Maître Beno ! cria Isil en lui secouant la main.

Elle hésita. Son souffle était maintenant imperceptible, mais il respirait toujours. La jeune fille se leva et saisit dans le meuble un petit appareil surmonté d’un socle hexagonal au-dessus duquel apparut une projection holographique de son Maître, lorsqu’elle en pressa l’interrupteur. Comme fascinée, elle se laissa tomber dans un fauteuil pour regarder.
— Isil, ma très chère Padawan. Si tu écoutes cet enregistrement, c’est que j'ai rejoins la Force et que j’ai échoué dans ma mission. Sache d’abord que je t’ai toujours considérée comme ma fille depuis la mort de tes parents. La Force est plus puissante en toi que tu ne peux le supposer… plus que je ne l’avais d’abord perçu lorsque tu n’étais encore qu’un petit enfant. Je n’ai plus grand-chose à t’apprendre et le reste, tu le découvriras par toi-même. Garde-toi juste de tes nombreux sentiments. Ils font de toi un être exceptionnellement ouvert aux autres, mais ils peuvent aussi devenir ta faiblesse. Tu dois les apprivoiser et en faire ta force.

Les yeux d’Isil ne quittaient plus la projection bleutée qui s’animait au-dessus de l’appareil. L’image vacilla un instant puis se stabilisa de nouveau.
— Ton père a défendu la paix en défendant le Traité de Coruscant contre ceux qui le rejetaient… cela lui a coûté la vie. Aujourd’hui encore des forces sont à l’œuvre pour briser cette paix. Il existe une organisation appelée « le Cercle Sombre » qui s’acharne à provoquer un drame susceptible de lancer le Sénat dans une reprise du conflit avec les Sith. D’après ce que j’ai pu découvrir, le Sénateur Kaldor est le chef de ce groupe sur Coruscant. Il projette de faire assassiner le Chancelier Suprême lorsque ce dernier se rendra sur Alderaan apporter son soutien à l’ancien sénateur Organa pour la succession au trône. Il lui sera facile ensuite de se faire élire à sa succession et de lancer les troupes républicaines en représailles à cet attentat qu’il imputera aux alderaaniens. Je crains même que la maison Organa ne soit visée par ce complot étant donné que le chef du Cercle sur Alderaan se trouve être le capitaine Sazkaer, un proche d’Organa et le chef de ses troupes.

Isil retenait son souffle en essayant de comprendre les implications du complot que son Maître était en train de lui révéler. Elle jeta un coup d’œil vers le lit pour constater que le Jedi n’avait pas repris connaissance. L’enregistrement continuait.
— Je n’ai pas encore de preuves de tout cela et au vu du discrédit jeté sur notre Ordre, je ne parviendrai pas à convaincre le Chancelier qui a entière confiance en Kaldor… pas plus que Organa. Je dois trouver des preuves chez Kaldor lui-même. Mais si tu m’écoutes en ce moment, c’est que j’ai failli à ma mission. Il faut que tu informes le Conseil de la situation. Lui seul pourra t’aider à continuer. Que la Force soit avec toi ma très chère Isil.

La projection s’arrêta. Une petite voix métallique émise par l’appareil signala.
— Enregistrement terminé… Enregistrement effacé.

Isil reposa l’appareil sur le meuble et revint se mettre à genoux contre le lit.
— Oh, Maître Beno, je vous en prie… ne me laissez pas seule… que dois-je faire maintenant ?

Comme en réponse à sa prière, le Jedi rouvrit ses yeux, difficilement. Ses lèvres s’entrouvrirent et il aspira une bouffée d’air.
— Isil… souffla-t-il.
— Je suis là, Maître… dites-moi ce que je dois faire…
— Isil… c’est… plus compliqué que je ne le… croyais… un seigneur Sith… un… Kaldor… il s’apprête… à livrer la… République…
— Comment cela ?
— Alderaan… un piège pour l’armée… ce Seigneur Sith… Zal’Thir… j’ai tué son apprenti… il veut forcer l’Empereur… Alderaan… détruire l’armée républicaine…
— Maître… murmura Isil perdue en lui prenant une main.

Il leva péniblement l'autre main et la posa sur le front de son élève.
— Aller sur Alderaan… tu dois trouver des preuves chez ce Sazkaer… ensuite les montrer à Organa et au Chancelier…
— Maître !

La voix se fit plus faible, presque inaudible. La main retomba lourdement sur le lit.
— I… sil… le Conseil tu… dois…

Sous l’effort, il s’interrompit et ses yeux se refermèrent. Isil versa une larme et frappa rageusement le matelas du poing. Un soupir s’échappa de la poitrine du Jedi.
— Un Jedi ne pleure pas… Contrôle tes émotions…Ne te laisse pas envahir par elles, cela ne te mènera que vers le côté obscur de la Force… va et remplis ta mission… ce sera ton ultime… épreuve pour… devenir… Cheva… lier… Je… di… murmura Maître Beno avant de rendre son dernier soupir.
[center]*
* *[/center]
Elle resta un long moment assise au bord du lit, fixant le rayon vert de la lame de son sabre laser, se plongeant dans le frémissement de la Force que la mort de son Maître avait provoqué.
Au même moment, loin de là, sur Tython, Maître Satele baissait la tête et murmurait à l’adresse des membres du Conseil qui se tenaient autour d’elle.
— Vous avez senti ce bouleversement dans la Force ?

Les autres Jedi acquiescèrent d’un signe.
— Maître Mahr… murmura l’un d’eux les yeux clos.
— Il a rejoint la Force, dit un autre à voix basse.
— Je sens une grande menace, reprit Maître Satele. Son Padawan ne doit pas rester seule, il faut que quelqu’un aille la rejoindre.


Sur Coruscant, des ombres s’activaient près d’un vaisseau dans un des docks du spatioport. Pendant ce temps, dans sa chambre, Isil se relevait lentement en éteignant son sabre laser qu’elle remit à sa ceinture. Puis elle rassembla ses affaires en s’efforçant d’évacuer la colère et la haine qui étreignaient ses entrailles. Elle savait que se laisser aller à de tels sentiments ne pouvait que la porter à faire des choses qui l’éloigneraient de l’enseignement que son Maître lui avait apporté durant toutes ces années, et la rapprocherait de ce côté obscur dont il lui avait tant parlé. Fermant les yeux, elle respira profondément pour regagner une paix intérieure, cherchant dans la Force l’équilibre dont elle avait besoin. Quand le calme revint en elle, elle se dirigea vers la porte et sortit pour rejoindre son speeder.

Le hangar était désert. Son vaisseau en occupait la plus grande partie. Une série de bips et de modulations électroniques l’accueillit à son arrivée. Dans l’angle d’une alvéole, un droïde de maintenance finissait de se recharger.
— Salut toi, lui lança Isil.

Quelques bips fusèrent. Isil reprit comme si elle avait compris.
— Il ne viendra pas… il ne viendra plus, reprit-elle en baissant la tête.

Le droïde émit de nouveau quelques sons.
— Allons, viens, nous partons !

Le robot astromécano se mit à rouler à sa suite tandis qu’elle montait la rampe d’accès au vaisseau.
— Mademoiselle ! appela quelqu’un du fond du hangar.

Elle stoppa et se retourna. Un homme courait en agitant une tablette au bout de ses doigts.
— Votre vaisseau est prêt ! dit-il en s’approchant. Révisé et bon pour voyager jusqu’au bout de la galaxie, ajouta-t-il avec un affreux sourire découvrant des dents qui ressemblaient à des vis rouillées. Voulez-vous signer ce bon je vous prie, votre seigneurie ?

Isil s’exécuta et l’homme en combinaison de travail s’inclina.
— Je vous souhaite un bon voyage !

Quelques minutes plus tard, le vaisseau décollait et quittait rapidement la ville-planète pour s’élancer vers l’espace.
— P2-A2 ! appela Isil, prépare le vaisseau pour un bond hyperespace ! Direction Alderaan ! Il faut que je calcule la trajectoire... Charge les catalyseurs de champ et vérifie le motivateur d’hyperdrive.

Tandis que le droïde s’affairait, Isil tapotait sur un clavier les coordonnées de la route standard que le vaisseau allait suivre une fois dans l’hyperespace. Les lumières du tableau de bord clignotaient tandis que Coruscant diminuait de taille derrière les hublots. Quand les catalyseurs de champ eurent fini de collecter les rayons gamma, elle alluma le motivateur pour charger le générateur de fusion, puis les boosters horizontaux d’hyperdrive. La lumière du cockpit faiblit légèrement sous la demande d’énergie de la chambre d’ionisation et quelques instants plus tard la fenêtre d’ouverture hyperspatiale s’ouvrit. Au même moment, le vaisseau disparut des écrans de contrôle de Coruscant.
Isil quitta son fauteuil et alla se réfugier sur une couchette disposée à l’arrière du cockpit. Elle avait besoin de se replonger dans la Force pour affronter la solitude qu’elle ressentait en son for intérieur. La méditation était un puissant moyen de se ressourcer pour les Jedi et parfois, certains d’entre eux parvenaient à des visions qui représentaient des pans d’un futur potentiel.
[center]*
* *[/center]
La jeune fille se releva soudain en sursaut, de la sueur coulant sur ses tempes, les yeux écarquillés.
— Ah ! cria-t-elle en sortant de sa méditation.

S’asseyant sur le bord de la couchette, elle essaya de comprendre la vision qu’elle venait d’avoir. Son vaisseau explosait dans l’espace intersidéral !


Lisez la suite de ce roman sur le site de l'auteur : http://romans.charrazac.fr